Le laurier : quel type d’arbre ?

Il existe plusieurs espèces appelées “laurier” dans les jardins français, et toutes n’ont pas le même comportement à la combustion :

  • Laurier sauce (Laurus nobilis) : le vrai laurier méditerranéen, feuilles aromatiques. Bois dense et relativement dur.
  • Laurier-palme ou laurier du Portugal (Prunus lusitanica) : espèce ornementale très courante dans les haies.
  • Laurier-cerise (Prunus laurocerasus) : extrêmement courant en France, haies de jardins. À traiter avec précaution.
  • Laurier-tin (Viburnum tinus) : arbuste méditerranéen à petits fruits, bois fin.

Peut-on brûler du laurier en cheminée ou poêle ?

Réponse courte : oui, mais avec des réserves importantes selon l’espèce.

Laurier sauce (Laurus nobilis)

C’est le meilleur des lauriers pour le feu. Son bois est assez dense, brûle correctement une fois bien sec. Il dégage une odeur aromatique agréable (les huiles essentielles des feuilles se volatilisent).

  • Pouvoir calorifique : correct, environ 1 700 à 1 900 kWh/stère sec (comparable au bouleau)
  • Séchage requis : minimum 2 ans en extérieur sous abri
  • Inconvénient : il ne pousse pas en gros calibres en France, les bûches sont souvent fines

Laurier-cerise (Prunus laurocerasus)

À brûler avec précaution. Ses feuilles et ses fruits contiennent de l’acide prussique (acide cyanhydrique). À la combustion, une partie de ces composés se retrouve dans les fumées.

  • En cheminée ouverte ou insert bien tirant, le risque est faible (dilution rapide des fumées)
  • En poêle fermé ou dans une pièce mal ventilée, mieux vaut éviter
  • Le bois seul (sans feuilles ni fruits) présente moins de risques, mais le principe de précaution s’applique

Laurier-palme (Prunus lusitanica)

Comportement similaire au laurier-cerise. Bois moyen, acceptable bien sec, mais même réserve sur les composés potentiellement irritants à la combustion.

Caractéristiques comme bois de chauffage

CritèreLaurier sauceLaurier-cerise / palme
Densité bois secMoyenne (~0,75)Moyenne (~0,65)
Facilité d’allumageBonneBonne
Durée de combustionMoyenneFaible à moyenne
FuméeLégère, odorantePotentiellement irritante
Encrassement du conduitFaible si secMoyen si mal séché
RecommandationUtilisableAvec précaution

Comparaison avec les bois de référence

Pour contextualiser, voici le pouvoir calorifique en kWh par stère sec (volume apparent) :

BoiskWh/stère
Chêne2 100
Hêtre2 000
Charme2 150
Frêne1 900
Laurier sauce1 700 - 1 900
Bouleau1 700
Peuplier1 200

Le laurier sauce se situe dans la moyenne basse des bois durs. Il est acceptable en mélange mais insuffisant comme unique combustible si vous dépendez du bois pour vous chauffer.

Séchage indispensable

Comme tous les bois, le laurier brûlé vert ou humide produit :

  • Beaucoup de fumée noire
  • Des imbrûlés et du goudron qui encrassent le conduit
  • Un pouvoir calorifique réduit de 30 à 40%

Le laurier a une écorce épaisse qui ralentit le séchage. Comptez 2 ans minimum après coupe, bois fendu, stocké en extérieur sous abri avec ventilation latérale.

Test d’humidité : un humidimètre doit indiquer moins de 20% pour un bois correct, idéalement 15%.

Résumé : quand utiliser le laurier pour se chauffer ?

  • OUI : laurier sauce bien sec, en mélange avec des bois durs, dans une cheminée ou poêle fermé bien entretenu
  • AVEC PRÉCAUTION : laurier-cerise ou palme bien sec, uniquement bûches (sans feuilles), cheminée ouverte ou insert à grand tirage
  • NON : bois vert, laurier-cerise en grandes quantités dans un espace fermé

Si vous avez un laurier à couper dans votre jardin, les bûches de diamètre > 8 cm méritent d’être stockées et séchées. En dessous, les branchages allument bien le feu mais brûlent trop vite pour chauffer efficacement.